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CHANGEMENTS DANS LES HABITUDES

Malgré une année bien difficile à gérer, nos professeurs ont réussi à ne pas manquer un seul cours : que ce soit par visioconférence, par Messenger, par Skype, par tutoriels ou par report des cours pendant les vacances : ils ont tous rempli  intégralement leur contrat. Pourtant, le défi était de taille ! J2n est très fière de son équipe pédagogique.

Alors c’est reparti, et nous revoilà. Mais nous revoilà différemment : le coup a été rude pour notre association et nous allons être obligés de baisser notre contribution sur certains cours : ne jouons pas sur les mots, certains tarifs vont être revus à la hausse. Nous n’avons pas le choix.

Changement également dans nos habitudes : nos auditions seront plus fractionnées, plus mobiles :  nous organiserons de petites auditions ponctuelles avec des rassemblements limités aux autorisations telles qu’elles nous seront dictées tout au long de l’année scolaire.

Ce qui ne change pas en revanche, c’est la motivation des équipes pédagogique et administrative pour faire aller en avant la musique.

On repart en septembre

Voilà une année scolaire qui avait démarré sur les chapeaux de roues : 8 professeurs et 200 élèves, sans compter les 500 élèves de chorale et éveil musical des écoles primaires.

De frêle embarcation, J2n est passé navire de croisière en 10 ans. Mais voilà : le coronavirus est passé par là et maintenant nous nous trouvons comme tout le monde : fragilisés sur nos bases et nos belles certitudes remises en cause.

Ce qui nous a maintenus hors de l’eau, c’est le réflexe immédiat de nos professeurs de faire l’impossible pour conserver le lien avec leurs élèves et continuer à transmettre leur message musical par la porte ou par la fenêtre, je veux dire par Messenger, skype, WhatsApp, vidéoconférences, tutoriels.

Ce qui nous sauvera, c’est l’énergie, cette toute petite flamme qui ne s’est jamais complètement éteinte.

Nous reviendrons donc en septembre. Nous devrons nous réorganiser dans un paysage socio-culturel probablement méconnaissable, certes. Mais nous serons là : pour nos élèves, pour le lien social et pour la musique.

La petite flamme brule toujours

A l’heure qu’il est, nous ne savons pas si nous allons pouvoir organiser les auditions de fin d’année de notre école : en live par petits groupes ?  en moments video ? quand ? où ? qui sait ?

Nous ne savons pas SI, QUAND, et COMMENT nous allons pouvoir reprendre le fil des cours de musique.

Ce fil a été coupé net le 16 mars dernier et depuis, nous n’avons aucun élément qui nous permette de penser que nous allons revenir à la normale, quand et sous quelles conditions.

Une seule certitude : c’est que nos élèves, parents d’élèves, Bureau et sponsors sont sur les starting blocks : on ne sait pas quand, on ne sait pas avec quelles contraintes sanitaires, la seule chose que l’on sait, c’est que ça repartira !

Nos élèves et parents d’élèves vont recevoir une lettre les informant de nos intentions pour essayer de clôturer cette année scolaire correctement.

Nos amis de la musique reçoivent ici, avec émotion, les remerciements pour leur aide, quelqu’en soit la forme.

C’est dans l’adversité que l’on reconnaît ses amis. En ce qui nous concerne, c’est plus que des amis, c’est de la famille.

« Petite musique de vie »

Nous voilà à la maison depuis un peu plus de 10 jours. On a fini les rangements dans le garage, nettoyé le réfrigérateur, trié les vêtements dans les placards, terminé le tas de repassage qu’on avait mis de côté en attendant, trouvé les limites du télétravail : et maintenant….

Maintenant la vie continue. Son rythme au ralenti nous permet de mieux percevoir ces infimes détails qui ponctuent notre raison d’être : la famille, la solidarité, l’amitié, le lien de voisinage, la compassion, la bienveillance, un petit coucou au téléphone. Juste l’essentiel.

Certains de nos professeurs n’ont pas d’autre solution que de proposer un rattrapage des cours cet été. Ceux qui le peuvent ont mis tous les moyens en oeuvre pour que les cours continuent malgré tout : skype, Messenger, WhatsApp ; certains ont même mis des tutoriels à la disposition de leurs élèves (LT guitare bonus). Evidemment, ces cours à distance n’ont pas la valeur des cours classiques : en ambiance video, le son vagabonde souvent (il a de la chance lui, de pouvoir vagabonder sans attestation). On ne voit pas les mains de l’élève. Mais peu à peu on s’adapte, la nécessité de se comprendre devient impérieuse : alors on se comprend et le miracle prend forme : le lien élève/professeur se précise et on progresse malgré tout. C’est cela, la « petite musique de vie ».

A l’heure qu’il est, nous sommes incapables de vous dire si nous allons pouvoir maintenir nos traditionnelles fêtes de fin d’année. A bientôt donc, mais sans aucune promesse ni date précise.

Patience et courage

Nous voilà plongés dans une situation bien inédite.

Exceptionnellement, nous n’avons « qu’une seule note à vous dire » : patience, c’est juste un report des cours de musique.

Je voudrais saluer ici le magnifique élan de fraternité qui commence à s’organiser : les courses, les infos sur les précautions à prendre, les nouvelles par téléphone : beaucoup d’entre nous sont physiquement isolés, certes. Mais moralement, pas du tout. Bien au contraire.

Et après la crise ?

Nous avons seulement dans l’idée que la musique est innée en l’homme, que l’homme de Néandertal montait déjà la gamme de Do Majeur dans la même logique interne que nous le faisons aujourd’hui. Qu’il a chanté avant de parler. Nous persistons à penser que les seuls vestiges qui survivent à toutes les crises, à toutes les guerres, à toutes les invasions, à  tous les chocs culturels, sont de nature artistique.

Un énorme bonheur nous vient de nos amis italiens. Pas du tout remis du malheur qui vient de les frapper, ils nous font cadeau de leur premier réflexe  : il se mettent au balcon, sortent leurs instruments de musique et ils chantent ! Les voisins appellent les voisins, ils se répondent entre eux dans un joyeux tintamarre. Vive l’Italie, vive la musique, vive la vie !

La musique vivra aussi longtemps que l’humanité aura sa place sur notre planète.

Des nouvelles très vite, dès que nous pourrons prétendre vous annoncer quelque chose de certain.

Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas

Mardi dernier 3 mars, nous avons dû nous résoudre, la mort dans l’âme, à annuler le dîner couscous qui avait été prévu à la salle Serge Gas de Pleine Fougères pour le samedi 7. Pardon à nos fidèles amis de la musique qui avaient réservé et se faisaient une joie de nous rejoindre.

Avons-nous cédé à la panique qui s’est emparée de nous dans la crise du coronavirus ? avons-nous été seulement prudents devant l’incertitude qui régnait (et qui règne encore à ce jour) ? L’avenir nous le dira. Ce qui reste certain, c’est que nous avons préféré décevoir par excès de prudence que par imprudence.

Il nous reste un regret cependant. Nos professeurs s’étaient échauffés pour vous proposer une magnifique animation musicale à l’occasion de ce couscous manqué.

Alors cette animation, préparée avec tout notre coeur, elle aura lieu. Dans un contexte plus serein, probablement cet été et sous une autre forme, mais le travail de vos professeurs ne restera pas sans suite.

Promis. Dès qu’on est  prêt, on vous le dit.

 

Nouveau profil pour J2n

Cette année, le profil de J2n change singulièrement. D’abord, nous ne sommes pas loin de franchir la barre des 200 élèves inscrits. Même si ce n’était pas vraiment l’objectif, c’est tant mieux pour nos professeurs qui ont bien mérité l’augmentation substantielle de leurs effectifs.

Mais ce qui a surtout changé, c’est notre incursion dans les écoles primaires : plus de 500 enfants de nos écoles bénéficient de l’enseignement choral ou de l’initiation au spectacle musical à thème, pour le plus grand bonheur de tous.

Cette approche collective et ludique de la culture est une chance énorme pour nos enfants et petits-enfants. C’est aussi une belle chance pour J2n de faire aimer la musique le plus tôt possible.

 

Vive la vie en milieu rural

Après le beau temps, la pluie. Après l’été, la rentrée culturelle et musicale. On peut dire que cette rentrée est particulièrement riche en événements de toutes sortes. Concerts, conférences, théâtre : je suis toujours émerveillée par la vitalité de nos petits villages qui semblent endormis : que l’on ne s’y trompe pas. La vie est bien là. Il y a toujours des leaders un peu visionnaires pour prendre l’initiative et créer l’événement. Il y a toujours des bénévoles pour venir aider à maintenir la flamme dans notre monde rural. Bravo et tant mieux : la ruralité, c’est la vie dans le bon sens.

1. Jean-Pierre LACAILLE – 2. Oubliez le solfège avec Françoise SPATZ

Adieu à Jean-Pierre LACAILLE

J2n vient de perdre un ami. Jean-Pierre LACAILLE fait partie de ceux qui ont su  percevoir le message musical de J2n, à une époque où nous avions bien du mal à nous faire entendre. Jean-Pierre nous a guidés dans les difficultés, conseillés dans nos choix. Il a bien souvent été des nôtres lors de nos concerts et fêtes de fin d’année : beaucoup d’entre nos lecteurs le reconnaîtront au centre de cette photo. Nous saluons ici sa fidélité à ses engagements. Toujours à l’écoute, Jean-Pierre savait calmer le jeu quand il le fallait. Mais il avait également son franc parler. Et lorsqu’il haussait le ton, il ne faisait jamais mal, bien au contraire : sa franchise procédait toujours de la plus grande bienveillance.

Merci Jean-Pierre. Ce n’est qu’un au revoir.


OUBLIEZ LE SOLFÈGE AVEC FRANÇOISE SPATZ

Il y a 30 ans, alors que j’étais élève au conservatoire de Gisors, j’étais bien la seule à aimer le solfège. Pourtant, ce n’était pas faute d’avoir d’excellents professeurs. D’ailleurs il n’y avait pas faute du tout : c’était juste le début de la désaffection générale pour une discipline qui ne passe plus.

On a débaptisé le solfège pour l’appeler « formation musicale ». C’est à dire que l’on a déguisé le problème en solution… ce qui n’a rien réglé, bien sûr. Le problème reste donc entier pour tout enfant qui aspire à entrer dans le monde de la musique. S’il ne peut ni déchiffrer, ni rythmer, tous ses efforts resteront vains et son appel intérieur restera sans écho.

Bien sûr, nous n’aborderons pas ici la question des autodidactes, ni celle des peuples musiciens de traditions orales qui ont connu de somptueuses réussites sans la moindre notion de grammaire musicale. C’est un autre univers.

Notre méthode d’enseignement qui intègre le solfège dans la partition donne de bons résultats. Mais Françoise SPATZ (*) va venir structurer et renforcer notre effort de simplification. Par son savoir faire auprès des petits et tout petits, l’enfant fait du solfège comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. C’est à dire sans le savoir.

On n’empêche pas une source de jaillir, mais c’est juste dommage de lui compliquer la tâche.

(*) Françoise SPATZ est spécialiste de l’éveil musical en milieux enfance et petite enfance (Agrément Arts du son en écoles maternelles), formation Martenot : musique et chant. Principes fondamentaux : oreille, voix, rythmes.

Un été de présidente d’école de musique

Certes, ce n’est pas un été comme les autres : en pleine canicule et l’esprit au repos, il faut déjà se projeter au dimanche 8 septembre à l’espace Brune-Eon de Pleine Fougères, date retenue pour les inscriptions, et faire le compte à rebours pour que tout soit prêt à temps :

  • les contrats des nouveaux professeurs
  • les conventions avec les mairies pour les nouveaux lieux d’enseignement
  • les aménagements et déménagements des nouveaux locaux
  • les inventaires, remplacements, réparations et achats d’instruments
  • la mise en place des affiches et la distribution des 5000 flyers en boîtes aux lettres
  • les devis, déclarations SACEM, GUSO et factures des prestations de nos professeurs et amis artistes de l’été
  • les tarifs enfin : nous sommes en train de mettre en place un système de tarification variable, adapté aux possibilités financières et aux besoins d’évolution de chacun. C’est top comme idée, mais c’est long à mettre en place : il faut être juste en restant réaliste…. et faire passer la musique avant tout.

A part cela, l’été d’une présidente d’école de musique, ça n’est que du bonheur !

Bel été à tous !